Plan de continuité d’activité : ce que change un graphe de dépendances
Un plan de continuité se juge le jour de la panne. Trois défauts reviennent toujours, et un graphe de dépendances en corrige deux.
Presque toutes les organisations ont un plan de continuité. Peu s’en servent le jour venu. Les raisons se répètent d’un audit à l’autre.
Défaut 1 : le plan décrit des scénarios, la réalité en invente d’autres
Un plan couvre l’incendie, l’inondation, la panne du centre de données. Le jour venu, c’est un prestataire de paiement qui tombe, ou l’unique personne qui connaît un système qui est en arrêt maladie. Le plan est muet, parce qu’il a été écrit scénario par scénario au lieu d’être écrit dépendance par dépendance.
Défaut 2 : personne ne sait ce qui dépend de quoi
Pendant l’incident, la première demi-heure sert à découvrir qui est touché. Avec une carte des dépendances à jour, cette demi-heure disparaît : on lit la liste des activités affectées, et on sait qui prévenir.
Défaut 3 : les priorités ne sont pas chiffrées
Quand trois choses sont à rétablir en même temps, l’équipe choisit à l’instinct. Un coût horaire par activité rend l’arbitrage évident, et il est défendable après coup devant la direction.
Le plan ne sert pas à prévoir la panne. Il sert à raccourcir la demi-heure où personne ne sait quoi faire.
Ce qu’un graphe ne remplace pas
Un graphe de dépendances ne remplace ni les exercices de crise, ni les sauvegardes testées, ni les contacts à jour. Il remplace la partie qui vieillit le plus vite : la liste de ce qui dépend de quoi, et le chiffrage des conséquences. Le reste reste un travail d’équipe.
Par où commencer
Reprenez votre plan actuel et, pour chacune des trois activités les plus critiques, écrivez la chaîne complète de ce dont elles dépendent, personnes et fournisseurs compris. Vous verrez immédiatement les maillons que le plan ne couvre pas.